1.
Assurer le financement de l'association et de ses missions
La
collecte de fonds est la principale activité des départements
marketing et communication. Les fonds collectés serviront à
couvrir les frais de structure, les actions entreprises et les
investissements relatifs à la prochaine collecte. Pour la plupart
des associations, la collecte de fonds privés est vitale en
ce sens qu'elle garantit leur indépendance financière vis à
vis des bailleurs de fonds publics. Ce qui, nous le verrons
plus tard, influe considérablement sur les actions menées. La
répartition des financements entre fonds privés et fonds publics
varie d'une association à l'autre. En fonction de cette donnée,
ces organisations communiqueront différemment vers le grand
public.
On
peut observer trois types de répartition de fonds : les associations
souhaitant atteindre le maximum de fonds privés, celles visant
le maximum de fonds publics, et celles recherchant l'équilibre
de ces fonds.
En
2001, l'association Médecins sans Frontières était financée
à 85% par des fonds privés. Cette indépendance financière garantie,
selon ses dirigeants, leur indépendance politique. En effet,
comme nous le verrons plus loin, les bailleurs de fonds peuvent
financer certaines actions en fonction d'intérêts politiques,
dépassant le seul cadre de l'aide aux victimes.
A
l'opposé, les dirigeants de l'association Première Urgence,
estiment que " le recours au donateur privé amène à utiliser
des techniques marketing choquantes pour l'éthique ". Pour cette
association, la garantie d'indépendance et d'éthique des associations
est dans la multiplication des bailleurs de fonds. Ne s'adressant
pas au grand public, l'association n'a jamais fait de campagnes
de communication utilisant les mass média.
Médecins
du monde et Action Contre la Faim recherchent l'équilibre entre
fonds institutionnels et fonds publics. En 2001, 65 à 70% des
ressources de MDM venaient de fonds privés et l'association
souhaite que cette part passe à 55%.

2.
Mobiliser
Mobiliser
consiste à motiver les différentes ressources humaines de l'association.
L'élaboration de formes de participation adaptées à chaque public
est nécessaire, afin de recruter et retenir la ressource essentielle
de l'entreprise comme de l'organisme humanitaire: les hommes.
Différents types d'engagements exigent autant d'actions spécifiques
selon que l'on s'adresse aux sympathisants, aux adhérents, aux
bénévoles ou aux salariés et volontaires.
a)
Les sympathisants
Ils
connaissent l'association, participent de façon épisodique,
mais ne se sont pas encore engagés significativement. L'objectif
pour l'association est alors de maintenir le contact en étudiant
les populations les plus susceptibles de rejoindre le mouvement
et leur offrir l'opportunité d'approfondir leur engagement (i.e:
devenir adhérents) Pour ce faire, l'association peut organiser
des concerts au profit de la cause ( concerts de rock des Restos
du Cœur, concerts de musique classique d'Amnesty International),
une manifestation phare (Sidaction, Téléthon, course contre
la Faim d'Action Contre la Faim, etc.) ou proposer des journées
Portes ouvertes.
b)
Les adhérents
Ils
versent leur cotisation (entre 15 et 75€, soit respectivement
100 et 500F) et s'intéressent donc de près au destin de l'association.
Leur degré d'implication est modéré. L'objectif est donc de
les fidéliser en leur donnant les occasions de développer leur
connaissance de la cause soutenue et des actions menées sur
le terrain, leur proposer régulièrement de s'investir, de façon
ponctuelle pour une opération particulière ou sur le long terme,
en prenant davantage de responsabilités dans l'association.
Les moyens développés par la plupart des associations sont :
l'abonnement au journal de l'association, la participation à
l'organisation d'événements, l'invitation aux réunions des comités
locaux, le vote pour l'élection de délégués régionaux.
c)
Les bénévoles
Devenir
bénévole atteste d'un niveau supérieur d'engagement. Ces derniers
donnent leur temps et leur argent à l'association et sont en
cela aussi précieux que les salariés. Ils assument des responsabilités
et participent à la gestion de l'association. Il faut alors
mobiliser des moyens pour faire remonter l'information afin
d'évaluer l'action menée, entretenir leur motivation, les encourager
à recruter des nouveaux adhérents. Les moyens mis en place sont
alors une structure spécialisée dans les relations avec les
groupes locaux, délégation de pouvoir sous formes d'autonomie
de gestion ( dans l'optique d'une responsabilisation) et l'organisation
régulière d'assemblées (régionale, nationale, générale).
d)
Les salariés et volontaires
Les
salariés et volontaires travaillant au siège, dans une délégation
régionale ou sur des missions à l'étranger (expatriés) sont
recrutés autant pour leurs compétences que pour leur motivation
et s'impliquent d'autant plus fortement qu'ils se sentent concernés
par le projet de l'association. Les objectifs sont alors de
retenir les meilleurs éléments et améliorer l'efficacité des
structures en place. Pour atteindre ces objectifs, il y a deux
moyens essentiels : proposer un projet mobilisateur et écouter
leurs remarques quant à l'efficacité de l'organisation et des
méthodes, notamment en terme d'évaluation et de circulation
de l'information.

3.
Informer
La
prise de conscience précède tout engagement, c'est la pré-phase
de toutes les formes de participation des publics à la vie de
l'association. Cette fonction revêt une importance croissante
depuis qu'il est fait appel au grand public pour financer les
associations. Elle est le cœur de l'activité des mouvements
associatif dont la cause touche à la politique (au sens étymologique
du terme) comme Amnesty International ou l'Association des Chrétiens
pour l'Abolition de la Torture (ACAT). Leur principal moyen
d'action étant précisément la diffusion des informations concernant
les droits de l'homme ( et leurs violations ) au plus grand
nombre.
Les
méthodes d'information et de sensibilisation sont classiques.
Il s'agit de l'organisation de campagnes de presse, de séries
de conférences et d'émissions, des spots radio ou télévision,
des remises de rapports aux pouvoirs publics, mais aussi l'impression
de tracts, la diffusion du journal de l'association (qui fait
même office, dans le cas de l'A.R.C., de principal support de
demandes de don par mailing), plus récemment, la diffusion de
cart'com (supports de communication au format carte postale).
L'exemple
suivant illustre parfaitement la prise de conscience de la part
des dirigeants associatifs de leur devoir d'information du grand
public, condition nécessaire à sa réaction. Le 31 décembre 1992,
France 2 diffuse un spot assez long réalisé par Médecins Sans
Frontière, où l'on peut voir des images de camps de concentration
bosniaques; une victime intervient et commente: "J'ai vu des
images d'Auschwitz; il m'est arrivé la même chose". Une phrase
s'affiche à l'écran : MAINTENANT, NOUS SAVONS. Le spot se termine
sur un plan final du logo de Médecins Sans Frontières.

4.
Modifier les comportements
Dans
la mesure où elles se substituent parfois aux institutions publiques,
pour la promotion de règles d'hygiène ou de santé ( la Ligue
contre le Cancer mène des campagnes contre le tabagisme ), certaines
associations ont un objectif de modification de comportements,
de la même façon que certains services publics.
Il
existe trois types de situation où une intervention des associations
est souhaitable :
-
Lorsque de nouvelles informations ou méthodes doivent être
diffusées (encourager les futurs parents à effectuer un
diagnostic prénatal, afin de prévenir les mal-formations) |
-
Lorsqu'un contre-marketing est requis. Si les producteurs
d'alcool investissent massivement dans la publicité, les
associations contre l'alcoolisme se mobilisent. |
- Lorsque
les gens ont besoin d'être encouragés à passer à l'action.
Par exemple, si chacun est plus ou moins conscient des dangers
de la pollution, il faut trouver les méthodes appropriées
pour faire en sorte d'amener chacun à trier ses déchets.
|
Plusieurs
domaines d'action doivent être envisagés pour obtenir des résultats
probants.
Par
exemple, pour favoriser la diminution de la consommation de
tabac, il est nécessaire de mener de front des actions au niveau
législatif (militer en faveur d'une législation anti-tabac,
qui interdise de fumer dans certains lieux...), au niveau technologique
( trouver des méthodes, des traitements permettant le sevrage
), au niveau économique ( faire augmenter le prix du tabac ),
et au niveau de la transmission d'informations ( prévenir des
dangers du tabac).

5.
Promouvoir l'association
Pour
exister, s'affirmer notamment face à ses consœurs, l'association
doit assurer sa propre promotion: il est nécessaire de se faire
connaître auprès du grand public, mais aussi des institutionnels,
de se positionner par rapport à une cause, d'afficher ses particularités,
ses principes, voire sa méthodologie.
Dans
cette entreprise, tous les médias sont utilisés: les mass-médias,
l'événementiel, les médias de proximité et Internet.
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