Audit
de sites
Afin
de déterminer le niveau d'appropriation d'Internet par les associations,
nous avons réalisé un audit sommaire pour chacun des sites des
associations suivantes :
La
Croix-Rouge Française
|
Solidarités
|
Ecoliers
du Monde
|
Médecins
Sans Frontières
|
Handicap
International
|
Max
Havelaar
|
Médecins
du Monde
|
Raoul
Follereau
|
Amnesty
International
|
Action
Contre la Faim
|
Comité
Catholique Contre la Faim et pour le Développement
|
Greenpeace
|
Les
objectifs de cette étude sont de :
-
Comprendre comment se positionnent les associations sur
Internet : référencement, importance du contenu, aspects
ludiques développés, options de personnalisation et de proximité
proposées, etc. |
-
Déterminer l'importance d'Internet dans la stratégie de
développement de chacune d'entre elle : site plaquette ou
réelle stratégie de communication vers de nouveaux donateurs
? |
-
Relever les outils de promotion et d'information du net
que les associations utilisent le plus souvent. |
-
Vérifier l'utilisation optimale de ce média en regard des
objectifs de communication de certaines associations étudiées
au chapitre 1. |
Pour
ce faire, nous avons relevé les critères suivants, correspondant
à des moyens de promotion et d'information sur le net :
-
télécharger un bandeau de promotion de l'association |
-
envoyer une e-card correspondant à des campagnes en cours |
-
conseiller le site à un ami |
-
s'inscrire pour recevoir une newsletter |
-
visionner une expo photo ou vidéo |
-
faire un jeu ou remplir une pétition en ligne |
-
faire un don en ligne |
-
accéder à une boutique en ligne proposant des produits dérivés
ou produits partenaires |
-
accéder au site de partenaires financiers |
-
consulter les communiqués de presse |
-
consulter un moteur de recherche intégré au site. |
Pour
télécharger l'audit (61,4 Ko), cliquez
ici

1.
Le lien direct entre savoir et agir
En
premier lieu, le réseau permet aux associations d'améliorer
leur visibilité, de faire connaître leurs actions, projets et
besoins à un public étendu et pour un coût relativement modeste.
Créer un site sera pour une association l'opportunité de disposer
d'une vitrine ouverte 24h sur 24, d'être repérée par mots-clefs
grâce aux moteurs de recherche utilisés par les internautes
sur le Web (champ d'action, lieux d'intervention, etc.), de
nouer enfin des partenariats avec des sites à fort trafic pour
faire connaître ses actions et ses buts. Cette visibilité est
loin d'être acquise par la seule présence d'une association
sur le Web, mais nécessite au contraire d'importants efforts.
Elle reste cependant accessible, même à de petites structures,
si elles savent utiliser la souplesse du réseau, sa réactivité,
et son potentiel d'interconnexion par thèmes, mots-clefs et
liens. Nous développerons ces points plus loin dans la partie
traitant des facteurs clés de succès d'une communication associative
sur le net.
a)
Une vitrine permanente
L'internaute
n'est pas toujours " disposé " à donner. Il ne deviendra donateur
que lorsqu'il en aura décidé, lorsqu'il jugera qu'une action
est nécessaire, que son implication est justifiée, ou lorsqu'il
en aura les moyens. Ainsi, Internet permet aux associations
d'être en permanence " disponibles " et de présenter leurs projets
aux donateurs potentiels.
Cette
notion de vitrine ouverte 24h sur 24 est d'autant plus importante
qu'elle correspond à une tendance de fonds qui s'opère sur le
marché du don : les nouveaux donateurs à gardent de plus en
plus longtemps les mailings afin de les comparer, mais surtout
de décider à qui et quand donner . Avec Internet, le donateur
retrouve un rôle actif dans sa relation avec les associations.

b)
Le choix de l'action à soutenir peut se faire dès que l'internaute
décide de donner
Au
lieu de faire comme par le passé un don général " à la Croix-Rouge
" ou " au Secours Populaire ", les donateurs peuvent désormais
choisir préalablement le programme, le thème, ou le pays qu'ils
souhaitent soutenir.
De
nombreuses association proposent sur leur site le choix entre
plusieurs " urgences " ou projets. Par exemple, la Croix-Rouge
française, Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, Care,
etc… permettent aux donateurs d'opter pour les " urgences du
moment ".
|
Ci-contre,
la page d'accueil de MSF proposant les urgences ainsi que
la possibilité d'avoir plus d'information sur chacun d'entre
elle avant de faire un don. |
Les
capacités technologiques de l'Internet autorisent enfin des
formes de don jusqu'alors inédites : de nombreux sites (Oxfam,
Care, etc.) proposent ainsi de donner les " miles aériens "
acquis par les internautes grâce aux programmes de fidélisation
des compagnies aériennes. Ces " miles " servent ensuite au transport
de volontaires des associations bénéficiaires.

2.
La sensibilisation de donateurs potentiels: la newsletter
L'abonnement
à une Newsletter permet à l'internaute un premier contact avec
une association, une personne sensibilisée à une cause fera
plus facilement un don. Il s'agit donc, via cet outil de sensibiliser
les non-donateurs à la cause défendue et de fidéliser et informer
les donateurs à moindre coût. Parmi les 12 sites étudiés, 8
sites proposent un newsletter.
La
Lettre d'information de Médecins Sans Frontières est adressée
par mail tous les 15 jours à toute personne qui en fait la demande
Elle se compose des rubriques suivantes :
-
" A la une ", reprenant un événement important de la vie
ou des activités de l'association |
-
" Points chauds : l'actualité de nos missions " présentant
l'actualité des opérations dans quatre ou cinq pays |
-
" Aidez-nous " rappelant l'indépendance financière et MSF
et la nécessité d'une contribution privée pour que cela
continue. |
A
partir de chacune de ces rubriques, l'internaute peut cliquer
sur une adresse électronique le reliant aux pages web concernées.
Handicap International propose une newsletter avec Titeuf
réalisée pour sensibiliser les plus jeunes au handicap et
les amener à en discuter en famille. |

|
Ci-contre,
le formulaire d'inscription, très attractif pour les plus
jeunes, rappelle la dimension éducative de cette newsletter
(à l'attention des parents ). |
Le
téléchargement de bandeaux de communication dans une boîte e-mail,
l'envoi d'e-card et la recommandation du site visité à un ami
permettent aussi de sensibiliser d'autres donateurs potentiels
en les amenant sur le site. Nous étudierons ces outils dans
la partie suivante traitant de la promotion du site d'une association
par les internautes eux-mêmes.
3.
La promotion du site assurée par les internautes eux-mêmes :
le développement des communautés
Sur
Internet, le bouche-à-oreille est remplacé par la propagation
d'informations via les communautés. De plus en plus d'associations
proposent aux internautes de relayer l'information mais surtout
les valeurs portées par l'association via différents outils
mis à sa disposition Ces possibilités peuvent aller de la possibilité
de télécharger un bandeau de promotion à l'envoi d'e-card ou
encore l'envoi d'un message pour conseiller le site à un ami.
Ces
outils offrent l'avantage d'augmenter considérablement le trafic
sur le site, mais aussi de constituer à moindre frais un fichier
de prospects, de diffuser les valeurs portées par l'association
et d'introduire celle-ci dans la sphère " familière " de l'internaute.
Nous verrons ici que ce fonctionnement communautaire est régulièrement
utilisé sur le net pour diffuser des informations.
Cet
outil a un intérêt non négligeable : il porte dans son fonctionnement
la notion de village planétaire (notion d'universalité et de
mondialisation au côté du local, de la proximité) et de communautés.
Ce fonctionnement, adopté rapidement par les Canadiens et les
Américains lors du développement d'Internet, commence à être
intégrée par les internautes français .
Le
retard dans l'adoption de ce fonctionnement en France peut s'expliquer
par la démarche individualiste des papy-boomers relevée au chapitre
1 ainsi que par la notion de secte véhiculée par ce mot. Chez
les plus jeunes, en revanche, les communautés virtuelles se
développent plus facilement. Nous pensons pouvoir expliquer
cela par le développement puis l'exploitation de ce fonctionnement
dans les loisirs des jeunes (jeux en réseau, chat sur Internet,
notion de tribu et de codes d'appartenance développés par les
marques s'adressant à cette cible).
Les
outils présentés ci-dessous permettent de tirer profit des communautés
d'internautes.

a)
Le téléchargement de bandeaux de promotion
Il
s'agit, pour la plupart des bandeaux, de supports servant à
relayer les campagnes de communication des associations. Certains
sites offrent la possibilité à l'internaute de télécharger un
bandeau sur leur site perso ou sur leur boîte e-mail. Parmi
les 12 sites étudiés, nous avons pu noter que cet outil était
utilisé par Solidarités, Handicap International et la Croix
Rouge. Quant à ACF, son site propose le téléchargement d'un
bandeau pour les entreprises.
|
Campagne
de Solidarités pour l'Afghanistan |
|
Campagne
"Titeuf" de Handicap International sur le produit-partage
Kit Plio |

b)
L'envoi d' e-cards
L'e-card
est un outil ludique qui permet d'afficher son intérêt pour
une cause ou encore sa volonté de la faire connaître. Ces e-cards
doivent être à la fois esthétiques afin de donner envie à l'internaute
de les envoyer, mais leur contenu doit aussi symboliser les
valeurs portées par l'association ainsi que son objet. La mention
de l'adresse du site sur ces cartes permettra à l'internaute
qui reçoit cette carte d'aller sur le site et peut être de s'inscrire
à la newsletter par curiosité.
Pour
fêter ses 30 ans d'actions, Greenpeace a retracé 30 ans d'activisme
à travers 30 e-cards. Sur chacune de ces cartes, l'internaute
trouve une photo illustrant le thème du combat, le thème de
la campagne, l'année, l'anniversaire, et l'adresse du site mentionnée
avec la charte graphique du logo.
|
|
Cette
série de 30 cartes illustre l'ensemble les actions de Greenpeace
et permet à l'internaute d'envoyer une carte sur le sujet
qui le touchera plus particulièrement : nucléaire, climat,
mal-bouffe… |
Parmi
les 12 sites étudiés , 3 seulement proposent d'envoyer des e-cards
: Solidarités (opération ponctuelle), Handicap International
(cartes Titeuf - cible jeune) et Greenpeace.

c)
La possibilité de conseiller le site à des amis
Certains
sites proposent à l'internaute d'envoyer un message pour recommander
la visite du site à un ami. Pour ce faire, l'internaute doit
entrer les adresses e-mail des personnes à qui il recommande
la visite du site. La limite de cet outil est que l'internaute
ne peut avoir d'accès direct à son carnet d'adresses… or, rares
sont les personnes mémorisant les adresses mail de leurs contacts.
d)
Les jeux et quizz
Parmi
les formes d'exploitation du principe de fonctionnement communautaire
sur Internet, nous signalerons aussi une nouvelle forme de promotion
du site vers une cible plus jeune : les jeux ou les quizz. L'intérêt
du jeu est de proposer une approche ludique du don et de favoriser
le trafic sur le site.
Dans
le cas de la Croix-rouge, Optimus a développé le jeu Pac'Sou
sur la base d'un des premiers jeux électronique créé : PacMan.
Le principe est intéressant car il permet de favoriser la fréquentation
du site par les plus jeunes.
|
Ci-contre,
le jeu Pac'Sou, inspiré du jeu PacMan sur le site de la
Croix-Rouge et développé par Marco Villeneuve d'Optimus.
Ce jeu s'adresse à une cible plus jeune que les donateurs
traditionnels. A la fin du jeu, l'internaute découvre ce
que les actions que la Croix-Rouge pourrait mener avec les
euros récoltés. Puis, une petite phrase s'affiche pour demander
à l'internaute s'il souhaite faire un don. |
Optimus
a aussi développé un quizz afin d'accompagner la campagne de
recrutement des volontaires de la Croix-Rouge. Le principe pour
l'internaute est de répondre à des questions l'amenant à savoir
quel type de volontaire il peut être : secoureur, administratif,
accompagnateur scolaire… L'objectif affiché est ici de personnaliser
au maximum la relation entre l'association et le grand public.
|
Ci-contre,
les premières questions du quizz accompagnées du mot du
Président de la Croix-Rouge. |

e)
Le Marketing viral
La
diffusion de cette opération se fait de façon accélérée grâce
à l'utilisation d'une technique de promotion particulièrement
adaptée à la diffusion d'idées: le marketing viral. Le principe
est simple: envoyer le message e-mail à quelques dizaines de
personnes qui le font suivre à des amis, eux-même encouragés
à transmettre le message, etc.… Grâce à ce type de technique,
un message peut faire plusieurs fois le tour du globe en quelques
heures et toucher plusieurs millions d'internautes en quelques
semaines.
Handicap
International utilise le marketing viral pour lancer sa campagne"
Envoyez une chaussure à George W. Bush ". L'association a fait
réaliser une animation avec la technologie Flash dénonçant le
fait que les Etats-Unis n'aient toujours pas renoncé à l'utilisation
des mines anti-personnel.
|
Ci-contre,
la campagne interactive " 8ème pyramide contre les mines
".L'Internaute qui reçoit par e-mail cette animation accompagnée
d'un texte explicatif, est encouragé à envoyer une chaussure
virtuelle dans la boîte e-mail du président américain pour
manifester son désaccord avec la politique américaine. Ensuite,
l'association lui propose d'envoyer l'animation et le message
à d'autres internautes de son entourage. L'opération qui
a connu un fort succès est renouvelée cette année en proposant
une déclinaison de la campagne Titeuf. |

4.
La participation des internautes aux actions menées par l'association
a)
La cybermobilisation et les pétitions en ligne
Internet
a surtout été utilisé pour diffuser des idées dans le monde
entier. Ce sont les pétitions comme celle d'Amnesty qui ont
été les premières à circuler. L'organisation a depuis longtemps
fait rentrer dans ses habitudes l'utilisation du net comme moyen
d'augmenter le nombre de signatures sur ses pétitions. Mais
les individus eux-mêmes ont saisi l'opportunité, à partir du
pays où ils se déclaraient oppressés, de contacter en direct,
les webmasters de sites humanitaires ou politiques ainsi que
les abonnés aux forums de discussions sur l'humanitaire. Plus
récemment, les associations françaises se sont mises à diffuser
des pétitions ciblées.
-
Amnesty International |
En
novembre 2001, un demandeur d'asile somalien devait être
renvoyé sans délai par les autorités australiennes en Somalie,
où il risquait d'être victime de graves atteintes à ses
droits fondamentaux. La veille de son expulsion, Amnesty
International a lancé une action urgente. Les appels ont
afflué, par télécopie et par courrier électronique, alors
que des représentants du gouvernement et des membres des
forces de sécurité conduisaient le demandeur d'asile, entravé
par une ceinture de contention, vers un avion à destination
de Mogadiscio et le forçaient à embarquer. Durant une escale
à Perth, il a bénéficié d'un sursis de dernière minute et
a été autorisé à demeurer temporairement en Australie. Cette
décision a fait suite aux interventions conjuguées d'Amnesty
International, du Comité des Nations unies contre la torture,
de certains députés australiens et d'un syndicat des travailleurs
des transports également australien, qui a pris des mesures
pour empêcher l'avion qui assurait la correspondance de
décoller de Perth. |
-
Greenpeace |
Greenpeace
est certainement l'association qui utilise le mieux les
techniques de cybermobilisation. En effet, celle-ci a détourné
plusieurs logos dont ceux de Total Fina Elf et Esso. Pour
cette dernière, les deux S de ESSO ont été remplacés par
les signes dollar ( E$$O), afin de montrer que, pour la
multinationale, les profits passent avant la préservation
de la planète pour les générations futures. Plus récemment,
l'association a détourné le logo d'Areva (conglomérat du
nucléaire) présenté ci dessous. Ceci a valu à l'association
d'être attaquée en justice par Esso et Areva pour détournement
de logo. |
|
Logo
d'Areva modifié par Greenpeace
|
|

Suite
à ces procès, l'association s'est servie d'Internet pour mettre
l'opinion publique de son côté en présentant les procès de ces
groupes industriels comme des atteintes à la liberté d'expression.
Et lorsque l'on connaît l'importance et la fragilité de l'opinion
publique en cas de crise, on comprend les soucis que Greenpeace
cause à ces grands groupes.
La
campagne "L'AREVA de soi" a pour objectif d'informer l'opinion
publique de la stratégie d'Areva et sur sa volonté de s'acheter
une image à bon compte en sponsorisant le Défi Français participant
à la Coupe de l'America. Cette image est bien loin de la réalité
des méfaits du nucléaire, source quotidienne de dangers et de
pollutions dénoncée par Greenpeace.
Depuis
maintenant plusieurs mois, Greenpeace mène cette campagne de
protestation en particulier sur son site web français. "Après
Esso qui essaye de censurer Greenpeace, c'est aujourd'hui Areva
qui se réveille et s'attaque maintenant à la liberté d'expression
et au droit à l'information", déclare Yannick Rousselet, chargé
de campagne nucléaire à Greenpeace France. Greenpeace appelle
tous les citoyens attachés à la liberté d'expression, les internautes
pour lesquels Internet doit rester un espace de liberté, les
organisations citoyennes et les mouvements sociaux à " adopter
" et à relayer la campagne Areva. L'association propose alors
à l'internaute d'accéder à ses pages de campagnes " L'arrêt
va de soit " et " Stop Esso " qui offrent plus d'information
sur ce feuilleton interactif de David et les internautes contre
Goliath…

b)
Le Décrypthon
Le
Décrypthon est une opération initiée par l'AFM et IBM, lancé
à l'occasion de la fête de l'Internet. Dès le 11 mars 2001,
les 100.000 Internautes inscrits au Décrypthon, vont pouvoir
mettre la puissance inutilisée de leurs 180 000 PC au service
de la recherche.
-
Fonctionnement
Le
11 mars, les Internautes qui avaient enregistré leur promesse
de participation lors du Téléthon 2001, ont reçu un courrier
électronique leur indiquant que l'opération Décrypthon débutait
ainsi que les consignes d'installation à partir du site web,
du logiciel de calcul gratuit pour participer à la recherche.
Ce programme téléchargé, les internautes ont reçu et renvoyé
les données traitées. Le téléchargement du logiciel de 5.6 Mo
est simple, il prend une quinzaine de minutes en moyenne selon
le type de connexion. Par la suite, l'Internaute est entièrement
libre de poursuivre ses activités sur son ordinateur lors de
la réalisation des calculs. Une connexion de quelques secondes
à Internet est suffisante pour l'envoi des données traitées
et la réception de nouvelles données .
Les
pages Décrypthon du site www.telethon.fr délivrent depuis le
11 mars les informations relatives à la participation des Internautes
et à l'état d'avancement des calculs. " Si l'on n'utilisait
qu'un seul ordinateur personnel standard pour réaliser la cartographie
des protéomes, le calcul prendrait environ 417 000 jours, soit
environ 1170 années. " La forte mobilisation des 100 000 Internautes
et de leurs 180 000 PC va permettre de réaliser ce calcul en
environ 3 mois, soit 10 millions d'heures de calculs.
-
Profil des " Décrypthonautes "
Les
internautes inscrits au Décrypthon sont majoritairement des
hommes (76%) âgés de 16 à 45 ans (73 %) : Dans le détail, nous
retrouvons les proportions suivantes : de 16 à 25 ans = 26%
; de 26 à 35 ans = 26 % et de 36 à 45 ans = 22 % Ils sont majoritairement
cadres (27%), étudiants (21%) ou employés (20%), même si de
nombreuses autres catégories socio - professionnelles sont représentées.

5.
Transparence : évolution de la relation entre les donateurs
et l'association
a)
Un accès de l'internaute à une information riche, dont il maîtrise
le niveau
-
Une information détaillée sur les crises et actions menées
Comme
nous l'avons vu précédemment, une des dérives de communication
des associations humanitaires est le manque d'information sur
les contextes dans lesquels celles-ci interviennent. Le devoir
d'information du grand public fait parti intégrante de la fonction
du journaliste mais le secteur des médias étant soumis à des
contraintes d'audimat. Et expliquer une intervention humanitaire
dans un contexte de crise réclame du temps (denrée rare donc
chère, à la télévision) et de l'espace (denrée tout aussi précieuse
dans la presse écrite). L'association peut donc trouver, via
Internet, une tribune d'information sans contrainte d'audimat,
sans souci de conformité aux attentes des journalistes ou leur
lectorat, et sans obsession de la simplification dictée par
la contrainte d'un niveau de lecture unique.
Sur
leurs sites, Médecins Sans Frontière, Médecins Du Monde, Action
Contre la Faim et d'autres associations proposent une information
conséquente sur les actions qu'elles mènent. Certaines sont
même devenues des sources d'information incontournables pour
les journalistes.
Le
site de MDM propose de découvrir 247 projets dans 59 pays. Pour
arriver à la page présentée ci-dessous, l'internaute doit cliquer
sur l'onglet " Sur le terrain ". Sur cette page, il pourra sélectionner
le continent ou le pays dont il souhaite connaître les programmes
de MDM. Par exemple, si l'internaute s'intéresse aux actions
menées par MDM en Ethiopie, il trouvera l'information suivante
:
|
Contenu
de cette page : |
Situation
politique, économique, sanitaire et sociale en Ethiopie |
Activités
de l'association : population bénéficiaire, programmes
mis en œuvre |
Evolution
d'un programme |
|
Ainsi,
quand MDM ferme une mission pour en ouvrir une autre, l'internaute
peut en connaître et comprendre les raisons s'il clique sur
" en savoir plus ". Le même principe est employé par la plupart
des sites étudiés, certains même, allant jusqu'à proposer de
télécharger la fiche détaillée d'un programme (ex : Handicap
International dans le cas de son programme d'urgence en Angola.)

-
Des informations maîtrisée, ciblées et personnalisées
Si
la plupart des associations se sont contentées dans un premier
temps de mettre en ligne de façon statique leurs documents imprimés,
beaucoup sont aujourd'hui passées à des contenus interactifs,
ciblés, adaptables en fonction des attentes des internautes.
Un des sites les plus remarquables est celui du World Wild Life
Fund International, plusieurs fois primé, qui présente des informations
interactives en 3 langues, présentant en plus de 15.000 pages
l'ensemble des actions passées et présentes de l'association,
et ses 2000 projets en cours dans 116 pays.
Le
site de la Croix Rouge est lui aussi très complet puis qu'il
permet, via un moteur de recherche intégré au site, d'avoir
accès à des supports de campagne, au site des délégations locales,
en passant par des informations concernant les actions de la
Croix Rouge en France et dans le Monde. Parmi les sites étudiés,
3 proposent un moteur de recherche intégré à leur site (Amnesty
International, Greenpeace et la Croix-Rouge) et la plupart des
autres proposent d'avoir accès à des informations plus ciblées
via des menus déroulant ou interactifs.
b)
La transparence financière
Outre
informer et impliquer les sympathisants des association, le
Web permet aussi à celles-ci de rendre compte des actions entreprises,
et des moyens déployés, y compris les informations financières
et le détail de l'utilisation des fonds. MSF, Greenpeace, Action
Contre la Faim, Médecins du monde, la Croix Rouge ou Care mettent
ainsi en ligne leur rapport annuel.
Sur
le site de MSF, l'internaute a accès au détail de la répartition
des fonds illustré par un exemple de répartition des dépenses
à partir d'un don de 100F. De plus, MSF propose en ligne le
compte d'emploi des ressources combiné détaillant le montant
des dépenses et recettes par poste d'une année sur l'autre.
Ce type d'information répond à une attente de la part des nouveaux
donateurs qui veulent trouver, quant ils le décident et sans
être submergés de documentation, des informations précises sur
l'utilisation de leur argent.

c)
Une présentation scénarisée des actions menées
Aujourd'hui,
les donateurs veulent " voir " ce que l'on fait avec leur argent.
Aussi, certaines association proposent des expositions virtuelles
et des vidéos présentant des actions menées sur le terrain.
- Médecins Sans Frontières Pour chaque projet de MSF, les donateurs
ont accès à des photos, voire des vidéos prises sur le terrain,
leur donnant une idée plus concrète de l'emploi qui est fait
de leur don.
Pour
l'opération d'urgence en Angola, Sebastiao Salgado a suivi MSF
dans la mise en place de cette opération. MSF propose sur son
site quelques photos de soins dispensés et de victimes en Angola,
dont celle d'une jeune mère avec son enfant reprise dans la
campagne de communication de l'association.
-
Médecins Du Monde
Des
grands photographes témoignent avec Médecins du Monde de la
situation des femmes en afghanistan. L'exposition, créée le
8 Mars 1998, est présente sur le web.
Par
un texte d'introduction défilant en blanc sur noir, Médecins
du monde expose, de façon journalistique, le contexte politique
et social en Afghanistan puis la situation des femmes. (cliquez
ici pour accéder à l'expo)
-
Solidarités
L'association
propose sur son site un montage photographique animé présentant
leurs actions en Afghanistan sous le titre " 24 heures en Afghanistan
". Ce film permet de comprendre de façon simple et concrète
la façon dont l'association agît sur le terrain. Ainsi, le scénario
est bâti autour de l'arrivée en Afghanistan, du contexte d'intervention,
des équipes et des actions réalisées. A la fin de l'exposition
animée, l'internaute peut revenir à l'accueil, s'informer, recommencer,
fermer ou aider en faisant un don. (cliquez
ici pour accéder à l'expo)

6.
Démocratie interne et gestion de l'information
a)
Un accès plus facile à l'information
Avec
la possibilité pour la périphérie d'accéder facilement à l'information
(mailing-lists, forums, intranets…), l'implication des bénévoles
et la réceptivité des instances dirigeantes à leurs suggestions
peuvent être grandement facilitées.
La
prise de décision pourra se faire par étape, d'abord discutée
au sein d'une liste de diffusion - évitant ainsi, pour les association
internationales, de coûteux déplacements -, puis, si le consensus
ne peut être atteint, au cours d'une réunion " physique ", dont
les participants seront alors mieux informés et préparés, disposant
par le réseau des premiers éléments de synthèse acquis. C'est
ensuite la possibilité d'informer ses membres, sympathisants
et prospects de façon rapide et bien moins coûteuse que par
mailing, téléphone ou fax.
L'information
mise en ligne pouvant de plus être stockée sur l'ordinateur
des bénévoles et réutilisée, démultipliée : les tracts, " kits-presse
" et autre matériel pédagogique ou informatif devenant ainsi
des outils autonomes que les bénévoles s'approprient. Un intérêt
non négligeable pour des organisations souvent critiquées dans
le passé pour leurs budgets de communication dispendieux…
L'Internet
pourra enfin être utilisé comme outil de formation des bénévoles,
avec une Foire Aux Questions pour les débutants, des forums
par thèmes pour les plus impliqués, et des sessions de cours
en ligne permettant de faire face pour un coût raisonnable à
l'important turn-over observable dans l'univers associatif.
Les volontaires pourront dès lors choisir leur degré d'implication
: recevoir des informations par e-mail, participer à des réflexions
par thème sur un forum, donner, ou encore participer bénévolement,
par exemple en traduisant des textes via le réseau.

b)
La diffusion d'outils pour les bénévoles
Internet
peut permettre de diffuser certains outils de travail ou de
communication pour les bénévoles. Dans la plupart des cas, ces
informations sont accessibles à tous, comme dans les exemples
suivants. Il est à noter qu'il est possible de diffuser ces
outils de façon plus restreintes en utilisant un accès codé
ou la diffusion de ces informations via un Intranet. Sur certains
sites, il est possible de télécharger des affiches, tracts,
documents de promotion ou d'information, bandeaux publicitaires,
logo, communiqués de presse, etc.
|
Le
Secours Populaire Français propose de télécharger en ligne
différents logos, bandeaux et communiqués de presse. |
|
Pour
l'opération Chèque réveillon associant le groupe Chèques
Déjeuner et les Restos du Cœur, ce site permet de commander
en ligne des affiches, tracts, urnes de collecte… pour que
les personnes souhaitant mener cette opération dans leur
entreprise puissent la présenter à leur Direction et la
mettre en place rapidement. |

c)
La gestion des communiqués de presse
Aujourd'hui,
la plupart des grandes associations ont un espace Presse permettant
aux journalistes d'accéder librement aux informations disponibles
et ainsi affiner leur recherche ou récupérer certaines photos.
De plus, du côté de l'association, le travail lié au ciblage
des attentes du journaliste et l'envoi du dossier de presse
est réduit et peut être plus efficace et moins coûteux.
|
Ci-contre
: la liste des communiqués de presse accessibles à partir
du site de Médecins sans Frontière. Ces communiqués, accessibles
à partir de l'onglet " S'informer ", intéressent les journalistes
autant que les donateurs. Pour ces derniers, il s'agit aussi
d'un moyen de vérification de la véracité des informations
communiquées : " s'ils fournissent cette information à la
presse, c'est que c'est vrai. " … |
-
Si
le don en ligne est loin d'avoir atteint les résultats escomptés,
Internet a permis de développer des outils de promotion, d'information
et d'engagement innovants voire exclusifs à ce support :
-
En terme de réactivité,
Internet
permet un lien direct entre savoir et agir, ce qui est spécifique
à ce support. En effet, même si dans le cas de crises graves,
des standards téléphoniques se mettent rapidement en place,
parallèlement au flot d'informations déversés par les médias,
afin de recueillir les dons, il est beaucoup plus rapide pour
une association de diffuser ses informations auprès de ses donateurs
en les avertissant de la possibilité de faire un don en ligne.
(Ex. La collecte de fonds sur le site Internet de la Croix-Rouge
Internationale dès le 11 septembre 2001.)
-
En terme de sensibilisation de donateurs potentiels,
Internet
permet une collecte rapide d'adresse e-mails de personnes déjà
sensibilisées aux actions de l'association grâce à l'inscription
à une newsletter. Comparativement à des contacts pouvant être
pris sur des salons ou autres occasions de rencontre du grand
public, il est plus justifiable, sur Internet, de demander des
coordonnées de façon à adresser des informations. Dans ce cadre,
la démarche de collecte de fonds est moins visible et laisse
place à l'information. Information maintenant nécessaire à la
fidélisation des nouveaux donateurs.
-
En terme de promotion,
il
est curieux de remarquer que les associations peuvent proposer
aux internautes d'assurer une partie de la promotion. En effet,
grâce à des outils tels que les bandeaux de promotion, les e-cards,
le marketing viral, etc, cela est maintenant possible, puisque
tout le monde peut avoir de l'espace sur le net (à condition
d'avoir quelques notions en terme de création de site). - En
terme de participation, il n'a rien de nouveau sur le net, mais
les délais sont raccourcis et les pétitions peuvent sembler
moins engageantes compte tenu des aspects virtuels d'une boîte
aux lettres électronique. - En terme d'information, Internet
refonde la relation entre le donateur et les associations car
il rétablit un équilibre et un partage de l'information, ainsi
qu'une notion d'échange et de rôle actif que peut jouer le donateur.
De la même façon, ce meilleur partage de l'information peut
rétablir la démocratie interne au sein des associations qui,
en grandissant, on quelquefois mis de la distance entre les
instances dirigeantes et la base militante.
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