1.
Générer du trafic sur le site
2.
Supprimer les freins fonctionnels à la donation
3.
Cultiver les donateurs actuels et potentiels
1.
Générer du trafic sur le site
Comme
pour tout site web, il s'agira en premier lieu pour les associations
de créer puis de générer du trafic sur son site afin de fidéliser
les donateurs et séduire de nouveaux visiteurs. Ces nouveaux
donateurs pourront alors constituer une base de prospects pour
les actions de marketing on et off line, ce que nous verrons
plus loin.
a)
Le référencement du site
-
Le référencement sur les moteurs de recherche et annuaires
Une
des premières étapes pour faire connaître un site caritatif
est de l'inscrire dans le plus grand nombre de moteurs de recherche
et annuaires généralistes et spécifiques (annuaires et sites-portail
pour associations sont nombreux), avec des mots-clés pertinents,
en lien avec les campagnes de donation.
Par
exemple, un webmaster ne devrait pas être obsédé par le classement
de son site dans les dix premiers pour la requête " humanitaire
" par exemple, mais s'assurer que le mot clef " afghanistan
" est valide si la campagne de collecte de don de son association
porte sur l'aide aux réfugiés afghans… Sur Internet, un des
enjeux les plus importants lors de la mise en ligne d'un site
sera son référencement. Ceci est à rapprocher du fait que 31%
des internautes socialement engagés accèdent à des sites d'associations
caritatives via les moteurs de recherche et que les internautes
vont rarement au-delà des 20 premiers résultats proposés lors
d'une recherche.

-
Le classement dans des guides on line orientant l'internaute
La
question centrale pour l'avenir de la donation en ligne sera
celle de l'évaluation des différents sites mettant en avant
une finalité philanthropique. Seule celle-ci permettra à l'internaute
de se repérer dans la jungle des sites, et de juger de la transparence,
de l'efficacité d'une association. Des sites comme Guidestar
proposent déjà des catalogues raisonnés d'associations charitables,
notées selon des critères financiers, fonctionnels ou communicationnels.
L'accessibilité sur Internet des informations de ce type devrait
rendre à l'avenir vitale pour les association l'obtention d'une
bonne notation, avec le danger de soumettre la stratégie de
l'association aux grilles de lecture de l'organisme certificateur
? On trouve sur le net plusieurs rapports et études établissant
un comparatif des sites à vocation charitable, et notamment
des galeries commerciales ; il est souvent difficile d'établir
si leur auteur est un chercheur indépendant, un consultant privé
spécialisé dans la recherche de fonds, ou le salarié d'une…
galerie commerciale en ligne…
En
France, le Comité de la Charte pourrait à l'avenir jouer ce
rôle " certificateur ", sur la toile comme dans le monde réel
puisqu'il établit des critères d'appartenance et qu'il permet
au donateur de choisir, en fonction de la cause qu'il souhaite
soutenir, l'association à laquelle il peut donner.
-
La multiplication des sites
Un
des moyens permettant d'accroître la visibilité d'une association
sur le net consiste à démultiplier son site principal en lui
adjoignant des sites satellites, lancés pour une campagne sur
un thème particulier. Ainsi, Médecins sans Frontières a lancé
son " Opération 1F par jour " par le biais d'un site dédié dont
la promotion était assurée par différents partenaires, la presse
et diverses listes de diffusion… Bien entendu, un lien permettait
de rejoindre le site principal de l'organisation. Plus révélateur
encore, le site Scorecard, mis en place par l'Environnental
Defense Fund, a permis de générer un important trafic grâce
à des liens ou des bannières publicitaires sur des sites où
les gens cherchent des informations locales : agences immobilières,
portails de communautés, sites de villes ou de région…En
délivrant une information très localisée, ce site satellite
a attiré des centaines de milliers de visiteurs, qui n'auraient
probablement jamais consulté le site-mère de l'organisation
environnementaliste.
Un
site satellite fondé sur une idée unique, facilement communicable,
apparaît donc comme un excellent moyen de se faire connaître
sur le web. La réussite de The Hunger site en témoigne : une
idée simple et facile à expliquer, un site sommaire, et un succès
phénoménal, amplifié par le bouche-à-oreille électronique. Enfin,
cette démultiplication des sites de l'association peut avoir
un autre atout non négligeable : celui d'offrir aux sponsors
de celle-ci une meilleure visibilité, en s'associant à un site
unique, dédié à une campagne spécifique.

b)
La promotion du site
-
Le bouche à oreille
Le
caractère " désintéressé " des sites caritatifs se prête particulièrement
à une propagation par le bouche-à-oreille, dont témoigne l'incroyable
succès du Hunger Site , parvenu en quelques mois à un trafic
de l'ordre de 300.000 visiteurs/jour grâce à quelques articles
de presse mais surtout un effet de contagion " mail to mail
" entre les particuliers. Pour que cette contagion atteigne
son plein effet, il faut que le site soit conçu autour de ce
que les spécialistes du marketing appellent une " unique selling
proposition " : une idée simple, pertinente et facile à communiquer.
Pour The Hunger Site, l'idée est simple : " cliquez et cela
permettra d'offrir gratuitement de la nourriture aux affamés
du tiers-monde ". Un site associatif institutionnel qui brasse
une masse d'informations et de projets aura donc intérêt à isoler
un élément se prêtant à ce type de contagion. Une des possibilités
est alors de créer un site spécifique pour une action ponctuelle,
dont la communication sera ainsi facilitée. Dans tous les cas
le minimum à faire sera d'insérer l'adresse du site au bas de
chaque mail expédié par l'association…
-
La publicité hors ligne
Du
fait de son coût, celle-ci sera réservée aux associations importantes.
Et, compte-tenu des résultats modestes du don en ligne, il s'agira
principalement pour les associations de faire connaître la possibilité
de réaliser un don en ligne dans leurs campagnes de publicité
traditionnelles.
-
La publicité on line gratuite
Avant
de se lancer dans une onéreuse campagne de publicité en ligne,
toute association doit se poser la question suivante : " Pourquoi
un visiteur va venir sur mon site ?". Si elle ne trouve pas
de réponse, mieux vaut renoncer à la publicité… Beaucoup d'association
créent un site pour expliquer leur mission, et y ajoutent un
bouton " donnez maintenant " : elles pensent que sur la masse
des internautes, il y en aura nécessairement une fraction pour
venir voir leur site, et un pourcentage plus réduit, mais réel,
pour leur donner de l'argent en ligne. Ce calcul est évidemment
faux : pour attirer l'attention de l'internaute parmi les dizaines
de millions de pages du web (effet " pull "), tout site doit
avoir un " atout compétitif ". Cela peut être sa richesse en
informations (Amnesty International pour les droits de l'homme
ou la Croix-Rouge pour les urgences humanitaires par exemple),
sa richesse en produits (le site du Metropolitan Museum par
exemple), ou encore en services (une librairie ou des cours
en ligne par exemple, ou encore des " chats " avec des personnalités,
des forums…). Il est probable que la meilleure gestion par l'ensemble
des sites de leurs espaces publicitaires raréfiera à l'avenir
les espaces gratuits disponibles pour le secteur associatif.
Les espaces restants risquent en outre d'être " vampirisés "
par les portails de donation, qui proposent de donner à toute
une série d'associations, et attireront de ce fait un nombre

-
Le parrainage par une personnalité charismatique
Pour
obtenir de l'espace sur les sites à fort trafic, dont les dirigeants
adopteront à n'en pas douter l'attitude des patrons de chaînes
télévisées hertziennes (course à l'audience, recherche de sujets
consensuels…), une solution envisageable sera pour une association
de recruter une personnalité, apte à porter les couleurs de
sujets difficiles et/ou peu " médiatisables ". L'idéal serait
de trouver une des - rares - personnalités médiatrices de causes
transgénérationnelles, capables de réunir sur leur nom les jeunes
(utilisateurs de l'Internet) et les générations plus âgées (qui
donnent de l'argent aux causes). Quelqu'un comme le champion
de judo David Douillet en fournit un bon exemple. La présence
de ces personnalités peut se concrétiser par des chats en direct,
des extraits vidéo de cette personnes sur le terrain, etc. Cela
permettrait d'attirer sur le site des personnes qui n'y seraient
pas allées spontanément, mais qui recherchent des informations
sur une personnalité assurant le bien fondé des actions de l'association.
-
Les relations presse pour valoriser le contenu du site
Les
relations presse restent un outil indispensable, qu'il s'agisse
de journaux on ou off line. Mais les association doivent ici
valoriser ce qu'elles ont de plus précieux : leur contenu. En
ce sens, il s'agira moins d'annoncer régulièrement telle ou
telle campagne ou refonte du site que de devenir pour les journalistes
une ressource, une source d'information habituelle pour telle
ou telle question. L'association PlaNet Finance, spécialisée
dans le micro-crédit, a ainsi obtenu de très bonnes retombées
presse grâce à la notoriété de son fondateur (Jacques Attali),
mais également en s'imposant comme " la " source d'information
en ligne sur le sujet.

-
Les messages électroniques
Nous
avons vu que la collecte des adresses e-mails des donateurs,
prospects et contacts est devenue un enjeu stratégique majeur
pour les associations. Cet outil bon marché est irremplaçable
pour annoncer le lancement d'un site, les résultats d'une campagne
en ligne, informer et séduire. Encore faut-il l'utiliser efficacement,
et ne pas dépasser la ligne de partage incertaine et fluctuante
que les internautes établissent entre leur vie privée et une
communication acceptée. Un mail régulier qui informe des activités
de l'association pour laquelle un internaute a témoigné de son
intérêt peut ainsi paraître une pratique acceptable.
Au-delà,
l'association aura probablement intérêt à créer une liste de
diffusion, que les abonnés pourront quitter à tout moment. Dans
tous les cas, les associations caritatives se doivent de respecter
les codes informels du net : éviter le spam (mails non sollicités)
, établir - et respecter ! -une charte fixant sa politique par
rapport au respect de la vie privée, être enfin le plus transparent
possible sur la façon dont elle aura obtenu l'adresse e-mail
d'un internaute (" vous avez visité tel site, êtes membre de
telle liste de diffusion, avez assisté à telle conférence…).
Un
" mailing électronique de masse " est potentiellement dangereux
pour les associations, et risquerait de leur aliéner les sympathies
qu'elles cherchent patiemment à s'attirer… Pour certaines associations,
il soulève de plus de délicates questions de déontologie : ainsi
l'Association pour la Recherche contre le Cancer reçoit des
demandes d'information émanant de proches de malades : est-il
question d'utiliser ces contacts, " acquis " dans la douleur,
pour relancer d'éventuels donateurs ? En fait, l'utilisation
d'adresses e-mail n'a de sens que si elle accompagne un effort
de personnalisation et de recherche des intérêts des internautes.
Pour David Jones, Directeur exécutif de PopTel, un fournisseur
d'accès associatif, " suivre les mouvements des visiteurs au
sein d'un site, découvrir ce qui les intéresse, et ajuster le
marketing direct en fonction est une fantastique opportunité
d'expansion ".

2.
Supprimer les freins fonctionnels à la donation
Après
avoir attiré des visiteurs et créé un sentiment de confiance
envers l'organisation, il reste encore à passer l'étape du don,
qui soulève de très nombreuses questions, qui sont autant de
freins. Les problèmes de sécurité des transactions et de confidentialité
des données personnelles sont les deux freins au don en ligne
mis en avant par les internautes. A ces deux obstacles majeurs,
on peut ajouter une série de " freins fonctionnels " ayant trait
à l'ergonomie et à la lisibilité du site.
a)
Garantir la sécurité du don en ligne
Les
solutions "marketing" (garanties, informations, label, etc.)
sont incomplètes et maladroitement exploitées. La plupart des
sites privilégient un discours pédagogique, très orienté "sécuritaire".
Or dans bien des cas, cette approche ne suffit pas, voire est
contre-productive. Les internautes ne veulent pas de la sécurité
mais de la confiance. Les réponses les plus efficaces sont des
signes de sécurité indirects, non objectivement liés au paiement
: la notoriété (pour 70 % des internautes) et la présence de
magasins physiques (pour 57 %). Les sites caritatifs devront
donc apprendre à doser le discours sur la sécurité en fonction
de critères précis (notoriété, antériorité, cible, etc.) et
surtout à le positiver.
Le
don sur Internet doit être un acte de liberté et de solidarité,
ce qui est peu conciliable avec une approche trop "sécuritaire"
et didactique sur le paiement. Le recours à des cautions extérieures
(banques, assurances, labels…) est efficace mais reste un aveu
de faiblesse de la part du site, incapable d'assurer lui-même
la confiance. Les sites doivent ancrer le virtuel dans le réel
: tout ce qui peut maximiser les contacts avec l'internaute
et " montrer " l'association et ses bénévoles derrière le site,
contribuera ainsi à renforcer la confiance. En résume, le virtuel
doit être rattaché à du réel pour susciter la confiance, condition
nécessaire pour engager un don.
b)
Garantir le respect de la vie privée
D'après
l'étude conduite par The Mellman Group, près de la moitié des
800 sondés se déclarent " très " ou " extrêmement " concernés
par le respect de la confidentialité des informations personnelles
échangées au moment d'effectuer un don en ligne. Nous avons
vu plus haut les questions soulevées par la collecte systématique
d'adresses e-mails en regard des risques de dérives liés au
mailing postal.
Toutes
les associations qui appellent au don sur le Net doivent donc
faire un effort important pour rassurer leurs donateurs, établir
une charte fixant leurs règles en matière de respect de la vie
privé, et la respecter scrupuleusement. Cela d'autant plus que
les moyens de collecter des informations personnelles se sont
multipliées sur les site caritatifs, qu'il s'agisse d'offrir
des économiseurs d'écran gratuits en échange de la réponse à
un questionnaire (Unicef, Care, CICR, etc.) ou des e-card, qui
servent à la fois à la publicité du site (marketing viral) et
à la collecte d'adresse e-mails (Care notamment).

c)
Identifier les freins fonctionnels et ergonomiques
Francis
Graham relève les 10 "plus fréquentes " excuses " mises en avant
par les donateurs potentiels au moment de " passer à l'acte
". Nous nous inspirerons de son analyse pour formuler ces freins
car celle-ci se place du point de vue de l'internaute, pour
évoquer les obstacles psychologiques et ergonomiques au don
en ligne.
-
" Je ne vois pas à quel endroit on peut donner"
Tous
les liens vers la donation en ligne doivent être très visibles,
présents sur toutes les pages (témoignages, forums, news…).
L'internaute ne doit jamais être à plus de 2 clics du module
de donation.
-
" Je leur donnerai plus tard "
Il
circule une histoire, probablement apocryphe mais non sans fondement
à propos du site de la Croix-Rouge : lorsque le bouton de donation
fut changé de " Donnez " en " Donnez maintenant ", le nombre
des donations doubla…
-
" Qu'est-ce que j'en retire ? "
Si
vous n'avez su convaincre les internautes que votre cause est
valable, vous pouvez toujours tenter de les " acheter "… par
exemple, " donnez et téléchargez gratuitement un CD de George
Michael "… NetAid s'y est essayé, avec cette offre déconcertante
: " recevez un CD gratuit avec votre Carte NetAid Visa ". Encourager
les gens à souscrire une carte bancaire pour remédier à la faim
dans le monde est vraiment une idée à part… mais des offres
liées à l'objet social de l'association ne sont pas à écarter
pour autant.
-
" C'est trop compliqué "
Chaque
étape dans le déroulement du processus de don est un défi :
à chaque page ou formulaire, l'internaute peut se décourager.
Certains sites, comme celui de l'association américaine Oxfam,
accompagnent le donateur tout au long de la procédure en rappelant
leur but, en donnant des exemples concrets de ce qu'un don particulier
permettra de réaliser, en ajoutant des témoignages sur les effets
de l'aide sur le terrain. Le formulaire de don commence souvent
par une phrase qui réaffirme l'intérêt de celui-ci : " Oui,
je souhaite aider le CICR à aider les autres " (Croix-Rouge),
ou " Oui, je veux aider la NSPCC à mettre un terme aux abus
concernant les enfants ", plutôt qu'un anonyme " Give " (NetAid).

-
" Je ne sais pas quoi faire "
Chaque
système de donation est différent, et il est important de rassurer
l'internaute donateur, de lui expliquer le déroulement, avec
un maximum de transparence : combien de temps la transaction
va-t-elle prendre? Qui contacter en cas de problème ? Que faire
en cas de blocage ? Si vous ne répondez pas à ces questions
en prenant l'internaute " par la main ", la tentation sera grande
pour lui d'appuyer sur la touche " page précédente " de son
navigateur, et annuler toute la transaction. A cet égard, on
ne dira jamais assez à quel point la présence d'un contact (téléphone,
coordonnées postales ou e-mail) est importante pour rassurer
l'internaute et donner une " présence " dans la froideur du
monde virtuel… (Greenpeace a par exemple mis en place tout au
long de ses pages web un bouton " Call me - Greenpeace quick
response " très efficace).
-
" Ce formulaire est trop compliqué "
Le
formulaire doit être aussi bref que possible, sachant que peu
d'internautes disposent à l'heure actuelle des outils de " remplissage
automatique " proposés par les versions les plus récentes des
logiciels de navigation. Le formulaire de don de la Croix-rouge
américaine est remarquable à cet égard, sa mise en page le faisant
apparaître court, alors qu'il contient autant de champs que
celui de NetAid, pour lequel l'internaute devra faire dérouler
l'équivalent de trois pages-écran ! Chaque fois que cela est
possible, les menus déroulants facilitent grandement la saisie
du questionnaire.
-
" Combien dois-je donner ? "
Devant
cette question tacite de l'internaute, deux solutions s'avèrent
en pratique particulièrement efficaces : la première, utilisée
par des sites comme Oxfam aux Etats-Unis ou PlaNet Finance en
France, consiste à donner des exemples concrets de ce que différents
montants permettront à l'association de réaliser : " Avec 100
euros (600 FF), un jeune de Bogota, en Colombie, peut acquérir
du matériel pour la réparation de pneus : Il a un métier et
gagne son indépendance " (PlaNet Finance) ou " 90$ permettent
d'acheter de la nourriture pour 2 semaines pour une famille
d'Amérique centrale déplacée par l'ouragan Mitch " Oxfam).
Le
deuxième procédé consiste à pré-remplir des montants indicatifs
de don. Le Secours Populaire Français a un formulaire particulièrement
élaboré, et présenté sous forme de " bon de commande " à plusieurs
lignes, sur lequel s'affichent les différents montants possibles
(15€, 30€, 30€, etc.) et en face la quantité. Les quantités
étant pré-remplies sur un nombre supérieur à 1, c'est au donateur
de les modifier, ou de supprimer des lignes, puis de cliquer
sur un bouton pour " recalculer " le montant total de son don.
C'est assez agressif, sans doute efficace pour augmenter le
don moyen, mais on peut s'interroger sur l'impact à long terme
de ce genre de pratiques sur l'image même du secteur philanthropique
: les association ont sans doute gros à perdre en terme de valeur
symbolique à calquer les formulaires de don sur des bons de
commande…

-
" Je n'ai pas confiance, ils ne vont pas utiliser mon argent
utilement "
Dans
le cadre de l'étude du Mellman group réalisée auprès d'un échantillon
de 800 personnes, 38% des sondés déclaraient que l'emploi des
fonds collectés est " une des choses les plus importantes "
qui doivent figurer sur un site philanthropique. Qu'il s'agisse
des engagements concernant la " mission " de l'association (31%),
des exemples de réalisations concrètes (25%), ou de l'indication
de la part des dons affectés aux projets sur le terrain (27%).
Il est donc vital pour toute association de savoir se présenter
clairement, de fournir une FAQ visible en tous points du site,
et de rendre enfin accessibles les informations financières
(rapport annuel) et la part des dons servant effectivement sur
le terrain. Ainsi Trickle Up, association américaine annonce
sur son site que 88% des dons vont directement aux projets sur
le terrain. L'Association pour la recherche contre le Cancer
(ARC) et L'Association des paralysés de France (APF) donnent
le détail de leurs ressources et de leur affectation (y compris
les frais de collecte et de gestion des dons)
En
fait, les préoccupations concernant " où va l'argent " ne semblent
pas différentes selon qu'on donne son argent sur le Net ou par
un autre moyen, mais Internet permet d'y répondre simplement
et à moindre coût.
-
" Et qui sont ces gens d'abord ?"
38%
des personnes interrogées dans le cadre de l'étude du Melmann
Group considère que les informations basiques concernant l'association
(adresse, contact, responsables…) sont des éléments primordiaux
qui doivent figurer sur leurs sites. Les association y jouent
leur crédibilité, et le sentiment de proximité doit figurer
parmi leurs priorités dans leurs relations donateurs.

3.
Cultiver les donateurs actuels et potentiels
Après
avoir attiré des visiteurs, et réussi leur transformation en
donateurs, les associations caritatives rencontrent leur ultime
défi : comment parvenir à fidéliser ces donateurs, quels services
ou produits leur proposer, quel type de communication adopter
pour garantir un flux de ressources réguliers… ? C'est sur cet
enjeu majeur que se jouera leur réussite sur le Web dans les
années qui viennent.
a)
Faire oublier que l'association demande de l'argent
Idéalement,
une communication associative sur le Web devrait pouvoir se
passer d'appel à la générosité publique… Comme l'explique Betty
McBride, responsable des relations publiques de l'association
britannique Help the Aged, " les gens viennent sur notre site
pour obtenir des informations ; ils ne s'attendent pas à être
bombardés d'appels au don. C'est pourquoi nous devons maintenir
la recherche de fonds à un niveau secondaire ".
Des
programmes comme le " passeport " du WWF permettent de " cultiver
" les donateurs, de les impliquer dans l'action de l'organisation,
sans les relancer constamment pour des dons. C'est une question
stratégique : parvenir à créer une relation de confiance telle
que les sympathisants donnent de l'argent sans qu'il soit besoin
de leur en demander… Des sites tel Actionnetwork.org permettent
ainsi aux internautes d'être alertés sur des sujets sociaux,
humanitaires ou environnementaux, et d'envoyer en ligne des
fax aux décideurs politiques. D'avril à novembre 1999, une vingtaine
d'associations ont utilisé les services de ce site, générant
plus de 50.000 fax. Cet activisme en ligne est une passerelle
idéale pour favoriser ensuite les dons aux associations dans
lesquelles les internautes se sont peu à peu impliqués.
Il
s'agira là encore de bâtir une communauté, de créer le sentiment
d'appartenance à un groupe. De nombreux outils disponibles sur
Internet aideront à établir ce lien relationnel : les forums
par thèmes, les listes de diffusion, les " chats " en direct,
l'intervention de personnalités ou de spécialistes, les témoignages
de bénévoles ou de personnes aidées par l'association, les lettres
de donateurs, sans oublier les moyens multimédia qui permettent
de rendre compte de l'action de l'association sur le terrain
: photos, vidéos, musique…

b)
Personnaliser la communication
Un
des atouts du net est de pouvoir collecter rapidement des informations
sur les intérêts et préférences des donateurs potentiels, afin
de personnaliser ensuite la communication. Encore faut-il que
cela soit fait avec discernement… Sur le site de NetAid, l'internaute
donateur est ainsi invité à indiquer ses " intérêts ", dans
un menu proposant des thèmes aussi digne d'attention que : "
lutter contre la faim ", " aider les réfugiés ", protéger l'environnement
", " mettre fin à la dette du tiers-monde ", " protéger les
droits de l'homme "…
Il
est probable qu'un internaute disposant d'une " conscience sociale
" suffisante pour l'avoir attiré sur le module de don du site
d'une association aura toutes les peines du monde à choisir
entre des buts aussi nobles… Et on voit mal quel usage en terme
de communication pourra être fait d'informations aussi peu pertinentes.
c)
Prévoir le suivi des donateurs
La
dernière étape sera d'assurer un suivi on line des donateurs
qui auront livré leur obole sur le Net. C'est encore loin d'être
le cas en France, outre le message de remerciement automatique.
D'après Rick Christ, spécialiste américain de la collecte de
fonds sur Internet, les association américaines qui assurent
déjà ce suivi en ligne n'ont obtenu que de maigres succès dans
la relance de leurs donateurs. Sans doute est-il trop tôt pour
juger des résultats, et plus encore des formules (newsletters,
e-mails…) aptes à séduire ces nouveaux donateurs.

-
Dans
cette partie, nous avons déterminé quelques facteurs clés de
succès de la communication associative sur le net, à savoir
:
-
Attirer les visiteurs et créer une relation basée sur la confiance
en veillant au bon référencement et la bonne promotion du site
-
Supprimer les freins fonctionnels à la donation en garantissant
la sécurité du don en ligne et le respect de la vie privée,
ainsi qu'en anticipant les freins fonctionnels et ergonomiques
formulés par Francis Graham
- Cultiver les donateurs actuels et potentiels en définissant,
avant leur collecte, l'usage qui pourra être fait des informations
collectées.
Principale
source : "
Trop éthique pour être @u net ", Jean-Philippe Henry,
École des Hautes études en sciences de l’information et de la
communication, 2000. http://www.oui.net/fac/recherche/index.htm
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